dans le même style je me souviens de témoignages de 2 anglaises qui visitaient le chateau de versailles, pendant leur visite, elles ont croisé des personnes en habit d'époque, et on pu décrire avec précision l'emplacement d'un pavillon chinois.
je vous mets la suite trouvée sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fant%C3%B4mes_du_Trianon
La visite
Venue à Paris proposer à Eleanor Jourdain de devenir sa seconde, Anne Moberly profite de son bref séjour pour visiter Versailles avec elle. Nous sommes aux environs du 10 (?) août 1901, il fait chaud et orageux. Elles se perdent en cherchant le Petit Trianon et commencent à se sentir oppressées, mais aucune ne fait part de son sentiment à sa compagne. Elles aperçoivent sur le bord du chemin deux hommes portant un long manteau et un tricorne, bêches à la main, qui leur indiquent le chemin ; des jardiniers, pensent-elles. Arrivées près d’un cottage, Eleanor Jourdain remarque à l’intérieur une petite fille de 12-13 ans environ et une femme ; toutes deux portent un costume suranné. Enfin, elles arrivent à un pavillon chinois qu’elles prennent pour le
Temple de l’Amour. L’atmosphère devient de plus en plus pénible. Annie, en particulier, se sent prise d’angoisse lorsqu’un homme assis au pied du pavillon tourne vers elle un visage menaçant et vérolé. C’est alors qu’un autre homme, grand et beau, cheveux bouclés sous un chapeau à larges bords, passe en coup de vent enveloppé dans une cape noire ; il s’arrête et leur sert un laïus dont elles ne comprennent qu’une chose : il faut tourner à droite. Les visiteuses arrivent près d’une petite maison aux volets clos. Sur la pelouse, Annie voit une femme en train de dessiner portant une robe de style particulier, un fichu vert et un chapeau blanc ; la femme lève la tête et de nouveau Annie ressent une impression désagréable. Les deux femmes arrivent à la hauteur de la maison suivante. Une porte s'ouvre, en sort un jeune homme qui leur donne l’impression d’être un serviteur. Elles veulent s’excuser, pensant être sur une propriété privée, mais l’homme les mène jusqu’au Trianon proche où elles sont brusquement environnées par une noce.
L’hypothèse paranormaleQuelques jours plus tard, Mlle Moberly, toujours en proie à l’impression d’angoisse et d’irréalité de Versailles, en fait part à Mlle Jourdain en lui demandant si elle n’a pas l’impression que les lieux sont, en quelque sorte, « hantés ». Eleanor confirme son impression de malaise lors de la visite. Elles s’interrogent alors sur la cape portée bizarrement par l’homme aux cheveux bouclés en ce jour de grande chaleur ; son attitude, son air amusé leur semblent maintenant étranges et non-naturels. Mais c’est seulement en novembre, lorsque Eleanor Jourdain se rend à Oxford où Annie a depuis trois mois repris ses fonctions de directrice, qu’elles discutent plus longuement de leur expérience. Le fait que seule Eleanor ait vu la femme et la petite fille et que seule Annie ait vu la dessinatrice les trouble. Mlle Moberly, justement, a vu un portrait de Marie Antoinette par
Wertmüller ; la reine lui a paru étrangement ressemblante, pour le visage et les vêtements, à la femme de la pelouse. Elle se renseigne auprès d’une Française qui confirme que des rumeurs courent depuis longtemps sur la présence du fantôme de Marie-Antoinette à Versailles.
Elles retournent à Versailles en
1902. Les lieux leur semblent différents ; elles apprennent que Marie-Antoinette se trouvait au Petit Trianon le 5 octobre
1789 lorsqu’on lui annonça la marche du peuple vers Versailles. Le 2 janvier, elles ont encore des perceptions étranges, dont celle d’une musique qu’elles essaient de se remémorer pour la faire identifier. On leur assure qu’il s’agit d’un style des années 1780. Elles visitent encore une fois la zone du Petit Trianon en
1904. Au cours de leurs recherches, elles pensent se rappeler la présence d’une charrue qui n’existait pas en 1901, de même qu’un pont qu’elles avaient franchi et qui a disparu ; elles découvrent que les « jardiniers » portaient un costume similaire à celui des
gardes suisses de la reine et que la porte d’où est sorti le serviteur est condamnée depuis longtemps ; elles identifient l’homme au visage vérolé comme étant le
comte de Vaudreuil[3] Interprétations
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Marie-Antoinette par
Adolph Wertmüller, tableau grâce auquel Annie Moberly aurait reconnu la personne de la reine dans la dessinatrice du Trianon
L’hypothèse des deux protagonistes de l'affaire était qu’elles avaient eu accès à des reliquats de mémoire laissés par Marie-Antoinette lors de journées particulièrement chargées d'émotion. L’électricité (des
orages électriques furent signalés en France le jour de la visite) fut proposée comme élément facilitateur. Après des échanges avec la
Society for Psychical Research, elles décidèrent finalement de publier en 1911 le récit de leur visite, présenté comme une recherche, sous les noms d’ Elisabeth Morison et Frances Lamont.
An Adventure (réédité en
1913 et
1924) obtint un succès certain avec 11 000 exemplaires vendus en 1913. L’expérience fut discutée dans
The Journal of Parapsychology,
The Journal of the American Society for Psychical Research,
The Journal for Psychical Research in London et
Proceedings of the Society of Psychical Research in London.
À vrai dire, malgré les louanges de la
Society for Psychical Research pour leurs efforts d’enquête, des erreurs historiques furent remarquées d’emblée et l’hypothèse d’une confusion due à des facteurs psychologiques et physiques (chaleur, fatigue) vite posée. En réponse, Mlles Morison et Lamont publièrent les quatre récits (chacune deux) qu’elles avaient rédigés pour mémoire, l’un peu après les faits (entre le 25 et le 28 novembre 1901), l’autre un peu plus tard (décembre 1901-janvier 1902), accompagnés de cartes retraçant leur chemin, de descriptions des costumes, personnages et paysages et de la musique entendue. Elles insistèrent sur le fait qu’elles avaient vu des éléments du XVIII
e dont elles ignoraient l’existence avant leurs recherches. L'incident du Trianon n'était d'ailleurs ni leur première, ni leur dernière vision paranormale
[4]L’affaire, déjà adoptée par le grand public comme un élément romantique et exotique du folklore surnaturel, connut un regain d’intérêt auprès des parapsychologues après la mort des deux protagonistes. Leur identité réelle ayant été révélée, leur réputation dans le monde académique relança les études. En
1950, W.H. Salter, ayant examiné soigneusement leur correspondance avec la Society for Psychical Research, conclut que des détails mentionnés dans le récit de 1901 avaient en fait été ajoutés en
1906 et résultaient de recherches ultérieures. On suggéra qu’elles avaient tout simplement croisé des acteurs costumés et trop voulu croire à leur histoire.
[5]Cependant, dans les années 1950 la parapsychologie française s’intéressait encore au cas.
Les Fantômes du Trianon fut publié en
1959 avec une préface de
Jean Cocteau et une introduction de
Robert Amadou. Guy Lambert, spécialiste de l’histoire parisienne, proposa le règne de
Louis XV, précisément l'année
1774, plutôt que la fin du règne de
Louis XVI comme étant l'époque du passé perçue. Certains, remarquant que le pavillon pris pour le Temple de l’Amour ressemblait à un pavillon chinois connu en projet, estimèrent que les deux Anglaises avaient capté la trace de mémoire de l'un des jardiniers de Versailles, Antoine Richard. Du côté des explications rationnelles,
Philippe Jullian suggéra dans sa biographie de
Robert de Montesquiou[6] que les deux Anglaises auraient rencontré le groupe de relations que l'aristocrate avait l'habitude de mener dans les jardins de Versailles pour des virées en costume d'époque.
La critique littéraire et professeur de
Harvard Terry Castle a discuté le cas comme phénomène social dans
Contagious folly - an adventure and its skeptics[7], et dans
Marie Antoinette obsession[8] qui traite de la reine française comme idole
lesbienne.