La communication avec des êtres spirituels est un thème ancestral, commun à la plupart des civilisations. De l' oracle grec au chaman d'Amérique, en incluant le griot ou le marabout africain, les personnes chargées de contacter le monde des esprits, ou au contraire chargées de s'en préserver, caractérisent de multiples traditions.
Dans la Mésopotamie antique
Les civilisations Assyrienne et Babylonienne ont laissé des traces de pratiques visant à maintenir le contact avec les défunts. La nécromancie, c'est à dire les échanges avec les morts, reste cependant une activité marginale, bien que permanente. Par ailleurs, les prêtres ont officiellement le rôle de transmettre les messages venant des nombreux dieux qui peuplent l'au-delà.
Dans l' Égypte antique
La possibilité pour les morts de se manifester est une évidence, les égyptiens entretiennent donc une multitude de rituels pour éviter d'être importunés par leurs ancêtres. Des cérémonies et des sépultures sophistiquées sont destinées à cloisonner les mondes matériels et spirituels. Des castes de magiciens sont payées pour gérer les relations avec l'autre monde.
Dans la tradition hébraïque
La loi de Moïse, le Deutéronome, interdit aux hébreux d'interroger les spectres et d'invoquer les morts. Saul consulte néanmoins la nécromancienne d'Endor pour s'entretenir avec l'esprit de Samuel.
Dans la tradition celte
En Gaule, les druides prétendent s'entretenir avec les ancêtres décédés et officient pour cela dans des enceintes de pierre, en pleine nature. Vercingétorix se rend chez les druidesses de l'île de Sein pour consulter les âmes des héros morts, avant d'initier le soulèvement contre César. A la même époque les religions nordiques se vouent au contact permanent entre le clan et ses défunts.
Dans la tradition grecque
La communication avec les défunts fait partie intégrante de la religion. Des prêtres et des temples se spécialisent dans cette activité. Des oracles comme la célèbre pythie de Delphes transmettent les messages des dieux et des esprits. Dans l'Odyssée d' Homère, le devin Tirésias enseigne à Ulysse l'art de contacter les morts.
Dans la tradition romaine
Les sibylles et les prophétesses gagnent leur vie en transmettant au peuple et aux élites politiques les messages de l' au-delà. La légendaire sibylle de Cumes, en relation avec le royaume des morts, est supposée avoir écrit les Livres sibyllins gardés par deux prêtre, les duumvirs. Seul un décret officiel du sénat romain autorise ces prêtres à consulter ces livres. A Rome et dans les villes de l' empire romain se trouve le "mundus", un puits fermé d'un couvercle. Lors de fêtes et de cérémonies annuelles, ce trou est ouvert pour convier les esprits du monde sous-terrain à participer.
Dans la tradition des Évangiles
Certains auteurs des Évangiles comparent les anges à des esprits et utilisent ces deux mots comme synonymes. En grec (la langue des Évangiles) le mot "ange" signifie très exactement "messager" de l'au-delà. Marie dialogue avec l'Ange Gabriel et Jésus s'entretient avec Moïse et Élie.
Dans la tradition de l'Islam
Mahomet s'entretient avec L'Ange Gabriel. Par ailleurs, les djinn invisibles (ou jinn) peuvent intervenir dans la vie courante. Le Marabout (islam) est un figure traditionnelle de l'Afrique. Enfin, la manifestation des défunts est considérée comme une possibilité par la plupart des courants de pensée de l'Islam.
Dans l' animisme des traditions premières
La majorité des traditions, dites premières, entretiennent une communication avec l'au-delà par le biais du chamanisme. Les chamans des premiers peuples d'Amérique, d'Asie, de l'extrême Nord de l'Europe, de l'Afrique et de l'Océanie assurent le lien entre le visible et l'invisible. Les échanges avec les défunts ne représentent qu'une part de leurs fonctions. Le chamanisme se perpétue encore de nos jours.
Dans la tradition du vaudou
Appelé candomblé au Brésil ou santeria à Cuba, le vaudou est une variante de rites traditionnels africains importés par les anciens esclaves. Les esprits des morts sont honorés lors des enterrements et peuvent prendre possession de danseurs lors de cérémonies rythmées de musiques enivrantes.
L'expansion du christianisme met un frein aux échanges avec l'au-delà. Dès l'an 318, l'empereur Constantin publie un décret interdisant "la communication avec les âmes des défunts". Certains temples des sibylles sont alors détruits. Durant les siècles suivants le clergé lutte contre cette pratique qui faisait la force des anciennes religions et l'associe généralement au diable, personnage issu de sa propre tradition. La nécromancie devient alors synonyme de magie noire, dans le sens où l'on considère que ce sont des démons qui se manifestent et non plus des esprits. C'est l'avis de Lactance (v. 300) et d'Augustin comme de la plupart des Pères de l'Eglise au Moyen Age.
source : wikipédia