Espèces :
Ceiba pentandra
Bombax ceiba
Fromager est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains arbres de la famille des Bombacaceae (ou Malvaceae).
Ces arbres devraient leur nom au fait que leur bois était utilisé dans la fabrication de boîtes pour les fromages. L'origine du nom pourrait aussi être expliquée par la déformation de l'expression "forme âgée" inspirée par les reliefs du tronc évoquant des rides. Ce nom est aussi utilisé pour des arbres proches biologiquement ou morphologiquement de ces derniers. Certains l'appellent encore Pyroguier, pour son utilisation fréquente dans la construction des pyrogues.
Source wikipedia
Le fromager chez les Aluku
C'est à travers les perceptions du monde et la relation à Dieu, des deux sociétés Guyanaises: Tuléwuyu (Amérindiens) et Aluku (Bushnengués), que nous avons découvert la présence d'une organisation cohérente du monde. Les Aluku perçoivent l'univers comme une vaste organisation, dont le sommet serait occupé par un dieu créateur. La terre, construite par les soins de ce dieu, verrait son œuvre animée par des forces vitales dont l'homme ferait partie. Des esprits occuperaient un niveau plus bas. Ils pourraient être bons ou malveillants, selon la manière dont on se comporterait vis à vis d'eux. Enfin, les ancêtres constitueraient un groupe tutélaire, auxquels pourraient avoir recours ceux qui les respecteraient.
A l'origine, de sévères châtiments étaient prévus pour ceux qui ne respecteraient pas les rituels liés aux ancêtres. Les différents règnes, végétal, animal ou minéral, sont les lieux privilégiés des forces vitales. S'ils sont respectés, ces règnes et les forces qui les accompagnent, permettent d'éviter toute maladie.
La sculpture, la musique et la danse constituent dans cet ensemble cosmogonique, l'expression d'un constant échange entre l'homme et la divinité. Ainsi, l'art est soumis à des rites et des symbolismes, que seuls ceux qui ont été initiés peuvent comprendre.
Il en va de même pour ceux qui soignent. Ils apprennent, dès leur plus jeune âge, après une initiation complexe, à parler aux principes et aux forces vitales des plantes et des arbres, afin d'en tirer le meilleur parti, en matière de soins physiques et psychiques. Ici, c'est la puissance du Verbe qui est à l'œuvre. La parole est transmise de lignée en lignée. Ainsi, de la naissance à la mort, l'homme est en constante relation avec des dieux.
Le fromager, à l'instar des autres plantes, est un symbole et porte des êtres sacrés (hyérophanies). Il assume de plus, le rôle de fondateur d'espaces physiques, au nom d'une continuité ancestrale. C'est-à-dire qu'il est l'indicateur des lieux où les Aluku peuvent installer leur village.
Le fromager chez les Créoles Guyanais
Le groupe Créole appartient officiellement au système judéo-chrétien. Il ne semble pas disposer de cosmogonie spécifique en dehors de celle que lui propose la genèse. Les enquêtes et les entretiens menés, ainsi que l'observation des comportements, mettent en évidence, sinon une esquisse de cosmogonie parallèle, mais un ensemble de rites, de croyances et de pratiques. Il s'agirait d'une organisation qui permettrait de penser à l'existence d'un ordre du monde. Mais, bien des éléments de cette cosmogonie manquent, aucune déité n'est clairement nommée. Tout se passe comme si des pans entiers de connaissances avaient disparus, à un moment, pour de multiples raisons, ou encore n'aurait pu être érigés en système codé et reconnu par les Créoles. Il n'en demeure pas moins, qu'une partie de la population a recours à ces rites. Notamment lorsque les explications du monde, proposées par le système cosmogonique chrétien, se révèlent incapables de rendre compte de réalités perçues, ou de satisfaire à des demandes précises.
Le fromager est un lieu où l' on dépose les offrandes, où des bougies sont allumées pour obtenir des faveurs, mais cet arbre est surtout craint, car il est le support d'entités qui ne sont pas toujours maîtrisés par les rituels dont disposent les créoles.
Le fromager chez les Amérindiens
Les Amérindiens, tout comme les Aluku, disposent d'une cosmogonie, c'est-à-dire une organisation du monde, avec la place des dieux, des défunts, des vivants et des esprits. Les animaux, les végétaux et les arbres sont aussi porteurs d'entités sacrées.
Pour les Tuléwuyu, le fromager n'est qu'un arbre secondaire porteur d'esprits rétifs alors que le takini (Brosimum acutifolium) est considéré comme un Dieu. Cet arbre dispose d'un port similaire à celui du fromager, c'est-à-dire qu'il peut atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. On le trouve en pleine forêt, il est particulièrement feuillu. Ses usages sont avérés dans les pratiques magiques.
Le développement des routes et la proximité des autres cultures affectent les comportements des Tuléwuyu. Il reste encore dans ces communautés quelques gardiens de la connaissance. Cependant, se pose la question de la transmission de cette culture, puisque l'occidentalisation, grâce à la scolarisation, est importante chez les jeunes. Les pratiques magiques et les faits religieux tendent à disparaître.
Source capas du creole
